Sommaire

Conditions-cadres

Environnement macroéconomique

La situation financière et patrimoniale de Swisscom ainsi que sa performance sont déterminées dans une large mesure par l’environnement macroéconomique et, en particulier, par l’évolution de la conjoncture, des taux d’intérêt, des cours de change et du marché des capitaux.

Conjoncture

En 2015, les décisions de politique monétaire de la Banque nationale et une reprise de la zone euro ont influencé l’évolution conjoncturelle de la Suisse. Modeste, la croissance économique est avant tout soutenue par les dépenses de consommation. Le taux de chômage est en légère hausse, tandis que l’inflation, calculée à l’aune de l’indice suisse des prix à la consommation, est négative.

Une large part du chiffre d’affaires que Swisscom tire de la téléphonie et des services à haut débit provient des redevances mensuelles fixes peu sujettes aux aléas de la conjoncture. Par contre, le chiffre d’affaires généré par les projets menés avec la clientèle commerciale revêt un caractère plus cyclique.

Taux d’intérêt

Historiquement, le niveau général des taux en Suisse est inférieur à celui de la plupart des autres pays industrialisés. Pendant l’exercice sous revue, la politique monétaire de la Banque nationale suisse (BNS) ainsi que des Banques centrales européenne et américaine a dicté le niveau et l’évolution des taux d’intérêt. Le 15 janvier 2015, la BNS a supprimé le cours plancher de CHF 1,20 pour EUR 1 et introduit dans la foulée des taux d’intérêt négatifs sur les avoirs en compte. Les rendements des obligations de la Confédération à 10 ans ont alors plongé en territoire négatif et se situaient même à moins 0,05% fin 2015.

WSGE_DP_GR_Zinsentwicklung

L’évolution des taux d’intérêt a des répercussions directes sur le montant des coûts de financement et influence l’évaluation des différents éléments des états financiers tels que les actifs, les provisions à long terme et les engagements de prévoyance. Swisscom a profité en 2015 également de la persistance des taux bas pour réaliser diverses transactions financières. Elle a souscrit un emprunt de CHF 400 millions et un autre d’EUR 500 millions, avec des durées comprises entre 8 et 20 ans, à des taux d’intérêt très avantageux, ainsi qu’un crédit bancaire à taux fixe d’EUR 200 millions assorti d’une durée de 5 ans. La part des passifs financiers à taux variable se monte à 24%, et les charges d’intérêts de toutes les dettes financières se sont élevées en moyenne en 2015 à 2,3% (exercice précédent: 2,6%). Swisscom a par ailleurs conclu dans le passé des swaps de taux d’intérêt de longue durée, qui ne peuvent pas être classés dans la comptabilité de couverture (hedge accounting). Les variations des taux d’intérêt du marché peuvent donner lieu à des fluctuations élevées sur le résultat des valeurs de marché comptabilisées au bilan.

Changes

La Banque nationale suisse (BNS) a annoncé la suppression du cours plancher CHF/EUR de 1,20 le 15 janvier 2015. Le franc suisse s’est ensuite fortement apprécié, surtout vis-à-vis de l’euro. Fin 2015, le cours de l’euro était inférieur de 9,8% à son niveau de fin 2014.

WSGE_DP_GR_EURO_CHF

Les effets directs de l’évolution des changes sur les activités de Swisscom ne sont pas déterminants. Swisscom ne réalise qu’un chiffre d’affaires peu élevé en devises étrangères. Des risques liés aux transactions en devises (principalement EUR et USD) existent uniquement pour l’acquisition de terminaux et d’installations techniques ainsi que pour le paiement de redevances liées à l’utilisation de réseaux de téléphonie fixe et mobile étrangers par des clients de Swisscom (itinérance). Or, ces risques sont en partie couverts par des contrats à terme sur devises.

Swisscom opère ses financements essentiellement en francs suisses. Mais la part des passifs financiers en EUR s’est toutefois accrue progressivement au cours des trois dernières années, en raison notamment de l’émission d’emprunts, ce qui a permis une meilleure diversification des sources de financement. Fin 2015, les passifs financiers s’élevaient à CHF 8,6 mil­liards, dont 66,8% en CHF, 31,5% en EUR et 1,7% en USD. La conversion de devises de sociétés étrangères du groupe, notamment de Fastweb en Italie, influe sur la présentation du patrimoine et de la performance dans les comptes consolidés. Comptabilisées dans les capitaux propres du groupe, les différences cumulées découlant de la conversion de monnaies étrangères en provenance de filiales étrangères ont atteint en 2015 CHF 2,2 mil­liards avant déduction des effets fiscaux (exercice précédent: CHF 2,0 mil­liards). Une partie des engagements en EUR a été affectée comme couverture de change (hedging) des investissements nets dans Fastweb.

Marché des capitaux

En 2015, les marchés des actions internationaux ont connu une évolution légèrement positive. Le SMI, indice principal suisse, a baissé de 1,8%. Swisscom conserve les excédents de trésorerie sous forme de liquidités et de placements monétaires à court terme et ne détient que peu d’investissements directs en actions ou sous d’autres formes de placement à long terme. Le patrimoine de quelque CHF 9,3 mil­liards de la fondation juridiquement indépendante comPlan – la caisse de pensions de Swisscom en Suisse – investit en actions, en obligations et dans d’autres catégories de placement et est donc soumis aux risques du marché des capitaux. Il en résulte un effet indirect sur la situation financière présentée dans les comptes consolidés de Swisscom.

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Environnement légal et réglementaire

Cadre juridique pour Swisscom

Swisscom est une société anonyme de droit public soumise au droit suisse. Son organisation est régie par la loi sur l’entreprise de télécommunications (LET), le droit des sociétés anonymes et ses statuts. Elle fonde son activité principalement sur la législation relative aux télécommunications et à la radiodiffusion. Swisscom est en outre soumise aux règles qui s’appliquent à l’ensemble de l’économie, notamment au droit de la concurrence. Enfin, en tant que société cotée en Bourse, elle se conforme au droit du marché des capitaux ainsi qu’à l’ordonnance du Conseil fédéral contre les rémunérations abusives dans les sociétés anonymes cotées en bourse (ORAb).

Loi sur l’entreprise de télécommunications (LET) et lien avec la Confédération suisse (Confédération)

Le 1er janvier 1998, l’ancienne entreprise des PTT a été scindée, en vertu de la loi, en deux entités distinctes: La Poste Suisse et Swisscom SA (d’où l’appellation «société anonyme de droit public»). La LET et les statuts prévoient que Swisscom fournit, en Suisse et à l’étranger, des services de télécommunication et de radiodiffusion ainsi que des produits et des services connexes. Conformément à la LET, la Confédération doit détenir la majorité du capital et des voix de Swisscom. Si la Confédération décidait de renoncer à sa position majoritaire, il faudrait procéder à une modification de la LET. Par ailleurs, Swisscom a l’obligation de négocier la conclusion d’une convention collective de travail avec les associations du personnel. Le Conseil fédéral définit les objectifs que la Confédération veut atteindre en tant qu’actionnaire principal pour une durée de quatre ans. Il s’agit des objectifs en termes de stratégie, de finances et de politique du personnel de même que des objectifs liés aux coopérations et aux participations. Les objectifs sont rendus publics pour garantir la transparence vis-à-vis des autres actionnaires. Les objectifs de la Confédération sont intégrés aux objectifs stratégiques et opérationnels de l’entreprise fixés par le Conseil d’administration de Swisscom. Pour la période sous revue, ce sont les objectifs de 2014 à 2017 qui s’appliquent. Le Conseil fédéral a défini les objectifs financiers suivants:

  • Swisscom doit augmenter à long terme la valeur de l’entreprise. Elle doit afficher, en matière de rendement global (cette notion comprend la distribution du dividende et l’évolution du cours de l’action), une performance en rapport avec les entreprises comparables de télécommunication européennes.
  • Swisscom doit mener une politique en matière de dividende conforme au principe de continuité et garantir un rendement de l’action attrayant par rapport à d’autres entreprises cotées en Bourse en Suisse. Ce faisant, elle doit tenir compte des exigences d’une activité durable en matière d’investissements, d’une part de fonds propres usuelle dans la branche et conforme aux risques ainsi que d’un accès toujours facile aux marchés des capitaux.
  • Swisscom doit limiter sa dette nette à un montant équivalent au plus à 2,1 fois l’EBITDA (résultat d’exploitation avant amortissements); des dépassements temporaires sont admis. Des dépassements temporaires de cette valeur sont admis.

Le Conseil fédéral attend également de Swisscom qu’elle n’entame des coopérations (participations, alliances, créations de sociétés et autres formes de collaboration) que si celles-ci contribuent à une augmentation durable de la valeur de l’entreprise, si elles peuvent être bien encadrées par la direction et si les risques potentiels sont suffisamment pris en compte. A l’étranger, Swisscom n’est pas autorisée à prendre des participations dans des sociétés de télécommunication ayant un mandat de service universel. Pour le reste, des participations à l’étranger sont possibles à condition qu’elles soutiennent l’activité principale en Suisse ou présentent une autre logique sur le plan stratégique et industriel.

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Loi sur les télécommunications (LTC)

La loi sur les télécommunications règle les conditions auxquelles les fournisseurs de services occupant une position dominante sur le marché sont tenus de mettre leur réseau à la disposition d’autres fournisseurs de services de télécommunication. Elle englobe un catalogue exhaustif des différentes formes d’accès et se limite, dans le domaine des raccordements, aux lignes de cuivre. Les services d’accès spécifiés dans la loi doivent être proposés à des conditions réglementées et en particulier à des prix déterminés par les coûts. Outre l’accès au réseau, la loi sur les télécommunications vise à garantir qu’un service universel sûr et d’un prix abordable soit fourni à toute les catégories de la population et dans tout le pays. Le Conseil fédéral détermine périodiquement l’étendue des prestations ainsi que les directives en matière de qualité et de prix. Le service universel garantit entre autres l’accès dans toute la Suisse à un raccordement à haut débit avec une vitesse de téléchargement d’au moins 2 Mbit/s. La concession de service universel attribuée en 2007 à Swisscom par la Commission fédérale de la communication (ComCom) court jusqu’en 2017. Jusqu’ici, Swisscom a rempli les exigences imposées par la concession relative au service universel, dans le respect des critères de qualité définis par la législation sur les télécommunications, sans réclamations ni demande d’indemnisations. Par ailleurs, la loi sur les télécommunications règle les modalités relatives à l’utilisation du spectre des fréquences de radiocommunication.

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Droit de la concurrence et loi sur les cartels

La loi sur les cartels interdit les accords interentreprises nuisibles à la concurrence. Elle sanctionne les pratiques abusives d’entreprises occupant une position dominante et proscrit les opérations de concentration d’entreprises entraînant une suppression de la concurrence. Est notamment considérée comme pratique abusive la discrimination de partenaires commerciaux au moyen des prix ou d’autres conditions générales.

Voir sous www.admin.ch
Droit du marché des capitaux

Les actions de Swisscom SA sont cotées à la SIX Swiss Exchange à Zurich. Swisscom a en outre émis des emprunts obligataires qui sont négociés à la SIX Swiss Exchange. Elle est par conséquent soumise à la législation et à la réglementation suisses sur les Bourses. L’entreprise doit ainsi se conformer aux prescriptions en matière d’information financière et d’établissement des rapports financiers ainsi qu’aux prescriptions en matière de publicité ad hoc. Elle est par ailleurs tenue de publier les transactions de titres Swisscom réalisées par les membres du Conseil d’administration ou de la Direction du groupe. Toute participation dans Swisscom doit également être mentionnée si celle-ci atteint ou dépasse certaines limites supérieures ou inférieures.

Evolution réglementaire en Suisse en 2015
Procédures en cours fondées sur le droit des télécommunications et le droit de la concurrence

Ces dernières années, plusieurs procédures fondées sur le droit des télécommunications et le droit de la concurrence ont été engagées à l’encontre de Swisscom. En octobre 2015, le Tribunal administratif fédéral a partiellement admis le recours déposé par Swisscom contre la décision de sanction prononcée par la Commission de la concurrence pour pratique de prix abusifs dans le cadre des services à haut débit durant la période allant jusqu’à fin 2007, et réduit le montant de l’amende infligée de CHF 220 millions à CHF 186 millions. Swisscom conteste la sanction et a déposé un recours auprès du Tribunal fédéral. Des informations détaillées sur les procédures en cours figurent dans les notes 28 et 29 jointes aux comptes consolidés.

Voir rapport pages 192–194
Initiative «Pro Service Public»

Lancée en juin 2013 par un magazine suisse de consommateurs, l’initiative populaire «Pro Service Public» demande que la Confédération supprime les bénéfices, les subventionnements croisés et les intérêts fiscaux dont bénéficie le service public et qu’elle adapte les salaires des entreprises proches de la Confédération à ceux de l’administration fédérale. Le Conseil fédéral et le Parlement ont refusé l’initiative sans contre-proposition. La votation populaire sur cette initiative aura lieu en juin 2016.

Révision de la loi sur les télécommunications (LTC)

Le 11 décembre 2015, le Conseil fédéral a ouvert la procédure de consultation relative à la révision de la LTC, qu’il souhaite réaliser en deux étapes. Il s’agit, dans un premier temps, de s’attaquer aux problèmes les plus urgents. Dans un deuxième temps, un changement de système dans le domaine du régime d’accès ainsi qu’une adaptation en profondeur du service universel seront envisagés. Swisscom salue le fait que le Conseil fédéral a choisi d’exclure provisoirement du projet de révision l’extension de la réglementation des prix aux réseaux haut débit et l’élargissement du haut débit financé par l’Etat, deux questions délicates et controversées sur le plan politique. Outre d’autres adaptations, essentiellement formelles et techniques, la révision de la LTC doit permettre de renforcer certaines interventions sur le marché. Le système de réglementation de l’accès doit ainsi être adapté aux mécanismes en vigueur dans l’UE et le principe de la négociation, de facto, supprimé. Par ailleurs, les tarifs d’itinérance et les offres combinées doivent pouvoir être réglementés. Swisscom estime que ces durcissements risqueraient de porter préjudice à la concurrence et, partant, aux résultats réjouissants du marché. Il est également prévu que les requêtes justifiées dans le domaine de la protection de la jeunesse et des consommateurs, de l’extension du réseau ou de la neutralité des réseaux soient réglementées par la loi. Or, il a été démontré au cours de ces dernières années que ces requêtes pouvaient être résolues plus facilement et plus efficacement par d’autres moyens, parmi lesquels figurent des solutions sectorielles (autoréglementation) comme la table ronde chargée de coordonner l’extension de la fibre optique, le code de conduite sur la neutralité des réseaux ou l’initiative sectorielle de l’asut visant à améliorer la protection de la jeunesse dans les médias.

Révision de l’ordonnance sur les services de télécommunication (OST)

Le 29 septembre 2015, le Conseil fédéral a ouvert la procédure de consultation visant une modification du service universel en 2018, modification sur laquelle Swisscom a pris position dans les délais. Dans sa prise de position, Swisscom se montre critique d’une part sur l’adaptation prévue des prix plafond, car elle y voit une ingérence injustifiée dans un marché qui fonctionne, et d’autre part sur l’augmentation de la bande passante minimum de l’accès Internet à haut débit, une augmentation de 1 Mbit/s étant susceptible de générer des coûts élevés, sans apporter un avantage tangible aux clients concernés. Swisscom se réjouit en revanche du fait que la nécessité d’un changement vers la technologie IP soit reconnue.

Itinérance

Deux motions qui visaient à réglementer l’itinérance sur le modèle en vigueur dans l’UE étaient pendantes au Parlement. En vertu de celles-ci, le Conseil fédéral aurait dû fixer des plafonds tarifaires applicables à tous les opérateurs de télécommunication, que ce soit pour les appels entrants ou sortants, les SMS ou les transferts de données depuis l’étranger. Le Conseil des Etats avait suspendu les deux motions de teneur identique pour donner au secteur le temps de réagir. Le 9 mars 2015, la majorité du Conseil des Etats estimait que, dans l’intervalle, les opérateurs téléphoniques avaient baissé les tarifs excessifs et qu’il existait un nombre suffisant d’alternatives avec WLAN, Skype et d’autres offres analogues. Finalement, les motions ont été refusées.

Neutralité des réseaux

Le 17 juin 2014, le Conseil national avait adopté une motion qui visait à contraindre le Conseil fédéral à inscrire la neutralité des réseaux dans la loi. Le 16 mars 2015, le Conseil des Etats a rejeté ce projet, sa commission consultative estimant qu’il n’était pas nécessaire d’agir en urgence. Il a donc suivi le Conseil fédéral qui, selon la Conseillère fédérale Doris Leuthard, s’en remet en premier lieu au code de conduite élaboré par le secteur fin 2014. Dans le cadre de la révision de la loi sur les télécommunications lancée fin 2015, le Conseil fédéral entend obliger les fournisseurs de services de télécommunication à informer le public au cas où ils viendraient à appliquer un traitement différent au transfert des données.

Droits d’auteur – projet de consultation portant sur la révision de la loi sur le droit d’auteur

En décembre 2015, le Conseil fédéral a ouvert une procédure de consultation concernant une révision du droit d’auteur. Ce dernier doit être modernisé afin de pouvoir mieux lutter contre le piratage. Les dispositions prévues reprennent en grande partie les recommandations du groupe de travail «droit d’auteur». Swisscom a tout intérêt à ce que le droit d’auteur fonctionne bien et considère que le projet tient compte des requêtes formulées par les différents groupes d’intérêts de manière plus ou moins équilibrée.

Révision de la loi fédérale sur la surveillance de la correspondance par poste et télécommunication (LSCPT)

En février 2013, le Conseil fédéral a adressé au Parlement son message relatif à la révision de la LSCPT La révision doit garantir que l’utilisation de technologies modernes n’empêche pas la surveillance nécessaire. Il est prévu de garder le modèle de redevances et d’indemnisation actuel pour les services de télécommunication. Le Parlement n’a pas encore achevé ses délibérations en la matière.

Différences réglementaires par rapport à l’Union européenne

Dans l’Union européenne (UE), l’autorité de régulation dispose de compétences fortes pour analyser les marchés et imposer aux entreprises détenant des parts de marché importantes des contraintes en matière de non-discrimination, de transparence et de formes d’accès (réglementation ex-ante). Le législateur suisse a refusé une réglementation aussi complète, étant donné que les conditions du marché domestique sont différentes de celles de la plupart des Etats membres de l’UE. En effet, la concurrence joue pour ainsi dire sur tout le territoire national entre Swisscom et les câblo-opérateurs. Les entreprises d’électricité locales et régionales ont également fait leur apparition sur le marché. De par sa situation, la Suisse requiert par conséquent une réglementation différente de celle qui prévaut dans des pays tels que la France ou l’Italie, où la concurrence en matière de plateformes ne s’est pas développée et où il n’existe souvent qu’un seul opérateur de réseau de raccordement.

Environnement légal et réglementaire en Italie
Cadre juridique pour Fastweb

En tant que membre de l’Union européenne, l’Italie est tenue d’harmoniser sa législation nationale avec les bases juridiques européennes. L’autorité de régulation italienne des télécommunications, l’Autorità per le Garanzie nelle Comunicazioni (AGCOM), a pour attribution – sur la base d’une analyse spécifique des marchés réalisée par la Commission européenne – d’imposer aux entreprises des obligations émanant des autorités. Les projets relatifs à de tels règlements ou dispositions doivent être soumis à la Commission européenne ainsi qu’aux autorités de régulation des autres Etats membres, qui peuvent prendre position sur le projet ou opposer leur veto. La marche des affaires de Fastweb, filiale italienne de Swisscom, est donc fortement influencée par le droit européen et par le droit italien dans le domaine des télécommunications.

Evolution de la réglementation en Italie en 2015

En 2015, l’AGCOM a poursuivi son travail d’analyse des marchés de gros, qui doit fixer les directives réglementaires pour les trois prochaines années. Elle a ainsi publié en février un nouveau document consultatif et adopté en juillet le projet de décision définitif qui a été transmis à la Commission européenne. Pour la période 2015–2017, l’AGCOM propose de baisser les prix de gros approuvés dernièrement en 2013. Elle recommande en outre d’autoriser l’externalisation des services d’activation et de maintenance des communications préalables à des techniciens externes qualifiés. De même, elle approuve l’amélioration des accords de prestations ainsi que l’adoption d’incitations et de sanctions pour accroître le taux de pénétration des raccordements d’abonné dégroupés.

En avril 2015, l’AGCOM a adopté une décision allant dans le sens de la décision prise par le tribunal administratif italien. L’augmentation des prix de gros pour l’année 2009 et pour la période 2010–2012 est par conséquent annulée; de plus, les prix appliqués aux raccordements d’abonnés dégroupés pour cette même période sont revus à la baisse avec effet rétroactif. Une deuxième décision relative à la révision des prix des services WLR (Wholesale Line Rental) et à haut débit est toujours en attente.

En 2015, l’AGCOM a réalisé une nouvelle analyse de marché sur les rémunérations des terminaisons en communication mobile. Elle y propose que les prix de terminaison de la communication mobile se basent sur le tarif de 98 centimes par minute pour la période 2015–2017 et pour tous les opérateurs de téléphonie mobile. En juillet, l’AGCOM a envoyé le projet de décision définitif de la Commission européenne. La décision définitive devrait être adoptée d’ici fin 2015. L’AGCOM suggère par ailleurs d’accorder aux opérateurs de communication mobile la possibilité de fixer les rémunérations de terminaison dans les pays non membres de l’UE, selon le principe de la mutualité. Les MVNO seront également assujettis à la rémunération réglementée des terminaisons à l’avenir.

Concernant la rémunération des terminaisons pour le réseau fixe, l’AGCOM a demandé une nouvelle analyse de marché. Une consultation publique est attendue début 2016.

Parties prenantes de Swisscom

Le dialogue avec les parties prenantes varie en fonction de la nature de la relation et des intérêts particuliers de ces dernières. La taille de la partie prenante concernée joue par ailleurs un rôle important dans les possibilités de dialogue. Le site Web de Swisscom fournit un aperçu des parties prenantes.

Clients

Swisscom s’enquiert systématiquement auprès de ses clients privés de leurs besoins et de leur satisfaction. Les Customer Relation Managers enregistrent ainsi les attentes de leurs interlocuteurs directement lors d’un contact avec le client. Des études représentatives sur la satisfaction de la clientèle sont par ailleurs menées régulièrement. Ces dernières visent notamment à déterminer dans quelle mesure les clients perçoivent Swisscom comme une entreprise agissant de manière responsable vis-à-vis de l’environnement et de la société.

Les clients commerciaux font, quant à eux, l’objet d’enquêtes périodiques portant notamment sur les questions de développement durable. Swisscom entretient en outre des contacts réguliers avec les associations de consommateurs dans toutes les régions linguistiques et anime différents blogs ainsi que des plateformes de discussion en ligne. Globalement, les enquêtes font ressortir que les clients réclament une politique de prix attrayante, un service de qualité, une certaine transparence sur le marché, un marketing responsable, une couverture de l’ensemble du territoire, un réseau stable, des technologies de communication à faible rayonnement ainsi que des produits et services durables.

Actionnaires et bailleurs de fonds tiers

En complément à l’Assemblée générale annuelle, Swisscom favorise les échanges avec ses actionnaires à l’occasion de présentations aux analystes, de roadshows et de conférences téléphoniques régulières. En sa qualité d’actionnaire majoritaire, la Confédération délègue un représentant au Conseil d’administration de Swisscom et définit les objectifs de Swisscom, pour une durée de quatre ans. Par ailleurs, Swisscom entretient régulièrement depuis des années des contacts ciblés avec de nombreux bailleurs de fonds tiers et autres agences de notation. Les actionnaires et les bailleurs de fonds tiers attendent en premier lieu de Swisscom qu’elle fasse preuve de stabilité, de rentabilité et d’innovation.

Autorités/riverains

Swisscom entretient des échanges réguliers et intensifs avec diverses autorités, notamment en ce qui concerne le développement du réseau de communication mobile. Les applications de données mobiles connaissent un succès croissant auprès de la clientèle. S’il est évident que la communication mobile est largement utilisée et appréciée, le développement de l’infrastructure requise n’est, quant à lui, pas toujours accepté.

Le développement du réseau se trouve donc à la croisée d’intérêts divergents. Depuis des années, Swisscom cultive le dialogue avec les riverains et les communes en matière de planification du réseau. Cette approche permet, lors de projets de construction, de proposer le cas échéant aux personnes concernées d’autres emplacements appropriés. Swisscom et les autorités entretiennent également des échanges réguliers sur d’autres thèmes et dans d’autres contextes; par exemple dans le cadre du séminaire de deux jours «Internet à l’école» organisé chaque année, auquel sont conviés les responsables TIC des directions cantonales de l’instruction. Les autorités attendent de Swisscom qu’elle assume pleinement ses responsabilités vis-à-vis du public et plus particulièrement des jeunes.

Législateur

Swisscom s’occupe de questions politiques et réglementaires et défend ses intérêts en informant les partis politiques, les autorités et les associations. Le législateur attend de Swisscom le respect des règles de conformité (Compliance), une couverture réseau à l’échelle nationale et un leadership technologique.

Fournisseurs

Les services des achats de Swisscom passent régulièrement en revue les relations avec leurs fournisseurs. Ils analysent les résultats des évaluations, formulent des conventions d’objectifs et vérifient l’exécution des prestations. Une fois par an, ils se réunissent avec leurs principaux fournisseurs à l’occasion du Key Supplier Day. La limitation des risques et la responsabilité dans la chaîne d’approvisionnement sont au cœur des réflexions. Pour le dialogue avec les fournisseurs globaux, Swisscom s’appuie en outre sur des coopérations sectorielles internationales.

Médias

Swisscom entretient un dialogue nourri avec les journalistes, sept jours sur sept. Son travail avec les médias s’appuie sur les principes déontologiques du journalisme. En parallèle du travail effectué par le service médias, les représentants de la Direction s’entretiennent régulièrement avec les journalistes et se tiennent à leur disposition pour des interviews et des entretiens de fond.

Collaborateurs et représentation du personnel

Pour remplir sa mission et tenir sa promesse aux clients, Swissom doit pouvoir s’appuyer sur des collaborateurs responsables, pleinement engagés et capables d’inscrire leur réflexion dans la perspective du groupe. Les collaborateurs de Swisscom sont la vitrine par laquelle les clients perçoivent l’entreprise. Swisscom obtient ainsi de précieuses informations qui remontent dans l’entreprise par l’intermédiaire des interfaces clients et lui permettent d’améliorer sans cesse ses produits et services. Grâce à de nombreuses plateformes et mesures de communication ainsi qu’à une culture d’entreprise adaptée, Swisscom encourage en outre le dialogue et l’échange au sein de l’entreprise. Swisscom réalise tous les deux ans une enquête auprès des collaborateurs, dont les résultats servent d’impulsion à des projets et des mesures concrètes. Contribuer à façonner l’avenir de Swisscom est l’une des principales fonctions de la représentation du personnel. Swisscom organise deux fois par an une table ronde avec les représentants du personnel. Les requêtes des collaborateurs concernent avant tout les partenariats sociaux, la formation professionnelle et continue, la diversité (Diversity), la santé et la sécurité au travail. S’orientant sur les thématiques relatives au développement durable, Swisscom mène le dialogue «Allô l’avenir» avec les équipes de toutes les unités d’organisation. Dans le cadre de ce dialogue, elle informe les collaborateurs de son engagement en faveur du développement durable et les exhorte à appliquer les mesures en la matière au quotidien.

Partenaires et ONG

Swisscom attache de l’importance aux échanges avec ses partenaires menés dans le cadre de différents projets, notamment avec le WWF Climate Savers, myclimate, la Fondation Suisse pour la Protection de l’Enfant et des organisations qui s’occupent des besoins spécifiques des populations concernées. Les partenaires et ONG accordent une importance toute particulière à un partenariat actif et à un engagement à la fois social et écologique de la part de Swisscom.

Développement du marché des services de télécommunication et des services informatiques

Marché suisse des télécommunications

La Suisse dispose de trois réseaux de communication mobile et de plusieurs réseaux dans le domaine du réseau fixe. Par ailleurs, en Suisse, les signaux TV sont diffusés par voie d’antennes terrestres et par satellite. En comparaison internationale, le marché suisse des télécommunications est très développé. Il se caractérise par l’innovation ainsi que par la diversité de son offre de services ayant trait à la transmission de la voix et des données et à la diffusion des signaux TV. Au total, on estime que le marché suisse des télécommunications pèse quelque CHF 13 mil­liards. Ce marché est en pleine mutation, car les télécommunications, les technologies de l’information, les médias et les divertissements tendent à ne faire plus qu’un. De plus, il est marqué par la progression de la numérisation et de la mise en réseau. Il attire par ailleurs de plus en plus de nouveaux concurrents actifs au plan international. Ces prestataires mettent à disposition des services basés sur Internet, gratuits ou payants, incluant la téléphonie, les messages courts et la télévision. Les solutions cloud jouent par ailleurs un rôle toujours plus important, engendrant un phénomène de migration vers Internet des espaces de stockage, de la puissance de calcul, des logiciels et des services. Quant aux besoins de la clientèle, ils ne cessent d’évoluer. De plus en plus, les clients veulent avoir accès aux données et aux applications en tout lieu et à tout moment par le biais de terminaux compatibles Internet de toutes sortes. D’où une hausse fulgurante de la demande de bandes passantes élevées offrant un accès à haut débit de qualité élevée. Pour faire face à cette évolution, Swisscom construit l’infrastructure de réseau de demain. Elle étend en permanence son réseau à haut débit pour la téléphonie fixe et développe des nouvelles technologies telles que la 4G/LTE (Long Term Evolution) sur le réseau mobile, afin d’anticiper la progression constante du volume de données. Swisscom propose par ailleurs des offres combinées faisant appel à diverses technologies. Ces offres comprennent un raccordement fixe pour la téléphonie, Internet et la télévision, ainsi qu’un raccordement mobile. Le marché suisse des télécommunications s’articule donc autour de quatre segments d’importance pour Swisscom: la communication mobile, le haut débit, la télévision et le réseau fixe.

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Marché de la communication mobile

En Suisse, les trois entreprises Swisscom, Salt et Sunrise exploitent leurs propres réseaux de communication mobile, qui couvrent l’ensemble du territoire. Le marché suisse de la communication mobile continue d’afficher un développement dynamique, comme en témoignent la vente d’Orange et son changement de nom en Salt, ou l’entrée en Bourse de Sunrise début 2015. Un autre grand acteur du marché, upc cablecom (en tant que MVNO, Mobile Virtual Network Operator), propose ses propres offres de communication mobile en utilisant le réseau de Salt. Swisscom met elle aussi son réseau de communication mobile à la disposition d’opérateurs tiers, qui peuvent l’utiliser pour proposer leurs propres produits et services.

Les attentes des utilisateurs envers les réseaux de communication mobile n’ont de cesse d’augmenter. Pour pouvoir offrir à sa clientèle une qualité optimale dans la transmission de données, Swisscom équipe en permanence son réseau de communication mobile des toutes nouvelles technologies A l’instar de l’exercice précédent, le nombre de raccordements mobiles (cartes SIM) en Suisse n’a enregistré qu’une hausse modérée en 2015 du fait de la pénétration déjà élevée du marché. Les trois opérateurs totalisent plus de 11 millions de raccordements mobiles, ce qui correspond à un taux de pénétration de quelque 135% en Suisse. Face à la vague déferlante des smartphones, les possibilités techniques continuent de se multiplier. Les nouvelles offres de communication mobile comme Natel infinity plus tiennent compte de l’évolution constante des besoins de la clientèle. Ces abonnements permettent aux clients de téléphoner et d’envoyer des SMS vers tous les réseaux suisses et de surfer sur Internet de manière illimitée, moyennant un tarif forfaitaire. Les diverses offres se distinguent les unes des autres notamment par le débit proposé pour le trafic de données et par le nombre de jours d’utilisation à l’étranger inclus. Swisscom propose aux utilisateurs occasionnels des offres à prépaiement sans redevance mensuelle d’abonnement.

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En 2015, la part de marché de Swisscom est restée relativement stable à 59% (postpaid 64%, prepaid 50%). La part des clients disposant d’un abonnement (postpaid) atteint quelque 62% en Suisse. Sous l’effet de la concurrence, les prix des services de communication mobile ont continué de baisser en 2015, à l’instar des années précédentes.

Réseau fixe

La Suisse est presque entièrement raccordée à des réseaux haut débit filaires. Outre les réseaux fixes des opérateurs de télécommunications comme Swisscom ou Sunrise, on y trouve aussi les réseaux câblés d’upc cablecom et ceux d’autres câblo-opérateurs de moindre envergure. De plus, au niveau régional, de nouveaux acteurs comme les services industriels de certaines villes et communes construisent et gèrent des réseaux à fibre optique de manière autonome. Afin de satisfaire aux exigences de plus en plus élevées en matière de réseau, Swisscom transforme son réseau fixe existant en un réseau à très haut débit performant basé sur la technologie ultramoderne qu’est la fibre optique. A moyen terme, le protocole Internet numérique utilisé sur ce réseau (IP) va remplacer les technologies de transfert traditionnelles. La technologie IP permet, via un même réseau, de combiner entre eux divers services de manière flexible et rapide et de les commercialiser plus rapidement que par le passé. Le raccordement à haut débit filaire tend de plus en plus à devenir le raccordement de base du client. Il constitue ainsi le socle sur lequel repose une offre de produits variés proposés par des concurrents suisses ou actifs à l’échelle mondiale. Dans le secteur de la téléphonie fixe, Swisscom propose, outre des produits individuels, diverses offres combinées adaptées aux besoins des clients qui incluent la télévision et/ou la téléphonie fixe en plus du raccordement à haut débit. Pour mieux répondre encore aux besoins des clients au profil urbain, la plupart du temps jeunes et très au fait des technologies numériques, Swisscom a lancé la marque autonome Wingo. Disponible exclusivement dans les zones où les lignes à fibre optique ont déjà été posées jusqu’aux habitations, Wingo gère une offre à prix réduit pour ce groupe-cible jeune.

Marché du haut débit

En Suisse, les infrastructures basées sur les réseaux des opérateurs de télécommunication et ceux des câblo-opérateurs sont les techniques d’accès les plus répandues pour les raccordements à haut débit. Fin 2015, le nombre de raccordements à haut débit du segment retail s’élevait à 3,6 millions en Suisse, ce qui correspond à environ 72% des ménages et des commerces. Ce chiffre place la Suisse dans le peloton de tête international en ce qui concerne la pénétration du marché du haut débit.

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Le nombre de raccordements à haut débit a progressé d’environ 4% en 2015. Comme en 2014, la croissance des raccordements à haut débit des câblo-opérateurs a de nouveau dépassé celle des raccordements à haut débit des opérateurs de télécommunication. Les raccordements des opérateurs de télécommunication représentaient plus d’un tiers des nouveaux accès en 2015, ce qui porte leur part de marché, rapportée au nombre total de raccordements haut débit, à 66% (exercice précédent: 67%), dont 54% (exercice précédent: 54%) étaient détenus par des clients de Swisscom, tandis que 12% (exercice précédent: 13%) étaient liés à des offres wholesale de Swisscom et à des raccordements téléphoniques entièrement dégroupés.

Marché de la télévision

En Suisse, les modes de transmission des signaux TV sont le câble, le haut débit, le satellite, l’antenne (terrestre) et la communication mobile. La télévision haute définition connaît une forte progression et son taux de pénétration du marché ne cesse de croître. En 2015, upc cablecom a d’ailleurs cessé la diffusion des signaux analogiques. Différentes entreprises suisses ou internationales s’implantent en outre sur le marché suisse de la télévision. Elles proposent des services TV ou de vidéo à la demande qui peuvent être utilisés via un raccordement à haut débit existant, indépendamment du fournisseur d’accès.

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Plus de 85% des raccordements TV sont reliés au réseau câblé ou au réseau à haut débit, la télévision par câble et Swisscom TV se taillant la part du lion. Ces dernières années, Swisscom n’a cessé d’étendre sa part de marché grâce à son offre de télévision numérique, de sorte qu’elle détenait 29% du marché fin 2015 (exercice précédent: 26%).

Marché de la téléphonie fixe

La téléphonie fixe repose essentiellement sur les raccordements au réseau fixe des fournisseurs de télécommunication et des câblo-opérateurs. Le nombre de raccordements au réseau fixe de Swisscom ne cesse de reculer: cette évolution s’est poursuivie en 2015, le nombre de raccordements au réseau fixe diminuant de quelque 5% à 2,6 millions. Ce recul s’explique principalement par la substitution de la téléphonie fixe par la communication mobile et par le léger recul des parts de marché.

Marché suisse des services informatiques

En 2015, le marché des services informatiques totalisait un chiffre d’affaires de CHF 8,7 mil­liards, chiffre qui devrait passer à CHF 9,4 mil­liards à l’horizon 2019. Swisscom estime que la plus forte croissance devrait intervenir dans le domaine du Business Process Outsourcing (BPO) et dans celui des services orientés sur les projets d’infrastructure et sur les applications. Cette croissance est stimulée par la multiplication des projets TIC lancés à l’initiative des entreprises. En l’occurrence, les clients s’attendent en général à pouvoir disposer de services spécifiques à leur branche ou à leurs processus, assortis d’un conseil approprié. Il convient toutefois de considérer ces perspectives de croissance en tenant compte de la force du franc et de la mondialisation grandissante du marché sous l’effet de la numérisation. De fait, les concurrents, à l’instar de toutes les entreprises suisses, subissent de fortes pressions sur les coûts. Alors que les fournisseurs de TIC cherchent de nouveaux rôles à assumer et, pour certains, élaborent leurs propres offres cloud, les clients diffèrent de plus en plus leurs investissements en la matière.

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Les mouvements sur le marché et les innovations informatiques constituent de nouvelles opportunités pour Swisscom. Comptant parmi les rares fournisseurs de solutions complètes de numérisation, Swisscom aide ses clients à simplifier leurs processus, à les automatiser et à y intégrer les solutions existantes. Parallèlement, elle développe avec eux de nouveaux services informatiques dans le cadre d’un processus de co-création. Swisscom s’impose ainsi comme le moteur de la numérisation au sein de l’économie suisse; avec près de 9% de part de marché, elle continue de figurer au nombre des principaux fournisseurs de services informatiques de Suisse.

Marché italien du haut débit

Le marché italien du haut débit basé sur le réseau fixe, qui génère un chiffre d’affaires de l’ordre d’EUR 13 mil­liards, est le quatrième plus important en Europe. Contrairement à la plupart des autres pays européens, l’Italie ne recense aucun câblo-opérateur proposant des services à haut débit. Dans la Péninsule, un peu plus de la moitié seulement des ménages et des commerces disposent d’un accès au réseau à haut débit, le taux de pénétration de cette technologie restant ainsi nettement inférieur à celui de la moyenne européenne. Le marché italien se caractérise toujours par une offre de produits combinés qui associent services à haut débit et services vocaux. La pression sur les prix y est particulièrement forte en raison d’un contexte concurrentiel tendu. Les services à très haut débit ont gagné en popularité. Dans le domaine des offres reposant sur la fibre optique/VDSL, Telecom Italia et Fastweb devancent la concurrence.

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Avec une part de 49% (exercice précédent: 50%), Telecom Italia est leader sur le marché du haut débit. De son côté, Fastweb a augmenté sa part de marché de 15% l’an dernier à 16% au cours de cet exercice, rejoignant ainsi l’opérateur Wind à la deuxième place derrière Telecom Italia.

Pour les prestataires de services, une présence durable dans tout le pays se révèle de plus en plus capitale, eu égard à la complexité des produits et des services. Dans ce contexte, Fastweb continue de déployer le réseau à très haut débit et ambitionne d’y raccorder quelque 7,5 millions de ménages et de commerces afin de desservir 30% de la population d’ici fin 2016. Fastweb a en outre décidé d’étendre son réseau de distribution; elle entend ainsi accroître l’efficacité de sa structure de détaillants et augmenter ses investissements en faveur de ses propres points de vente dans les principales villes d’Italie.